BAISE-EN-VILLE actuellement au cinéma

Primé sur scénario par la Fondation Gan en 2024, BAISE-EN-VILLE de Martin Jauvat est en salles de cinéma. 

© Ecce Films

Sélectionné à la Semaine de la Critique 2025, BAISE-EN-VILLE de Martin Jauvat, lauréat Fondation Gan en 2024, est au cinéma depuis le 28 janvier.  

Cette comédie décalée et absurde traite de thèmes sociétaux avec une légèreté déconcertante. 
Sprite, un jeune adulte se retrouve confronté à une série de paradoxes. D’abord, il doit travailler pour financer son permis mais il a besoin d’une voiture pour travailler. Par chance, Allo Nettoyo, une entreprise spécialisée dans le nettoyage de soirées à domicile, l’embauche. Premier problème résolu, mais un nouveau pointe le bout de son nez : cette start-up opère de nuit et dans toute la Seine-et-Marne. De son vrai nom, Corentin Perrier, jongle entre les RER et les transiliens pour rallier les lieux des soirées à nettoyer et son auto-école. Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école décapante a une solution : la technique du “baise-en-ville” ! Cet accessoire de maroquinerie, pensé pour l’imprévu, permet de découcher avec le strict nécessaire. Son conseil, trouver des dates proches de ses futurs lieux de nettoyage pour passer le temps avant et éviter les galères de transport. Entre gêne, maladresse et timidité, Sprite s’aventure à tâtons dans cette nouvelle existence.

Scénario au rythme implacablement drôle, servi par un casting trois étoiles composé d’Emmanuelle Bercot, de Michel Hazanavicius, de Géraldine Pailhas, de William Lebghil, d’Annabelle Lengronne, de Sébastien Chassagne et d’Anaïde Rozam. Tous donnent la réplique à Sprite, incarné par le cinéaste lui-même. 

Avec ce film, Martin Jauvat nous emmène dans sa réalité déconstruite aux couleurs pop. Les injonctions à la masculinité performatives et hypersexualisée sont mises à mal. Loin des Don Juan des temps modernes, Sprite est réservé, peu à l'aise avec son corps et parfois volontairement ridicule, pour mieux désamorcer la gêne par le rire.

Il nous donne à voir un personnage principal timide et peu à l’aise avec son corps, dont il renforce parfois le côté ridicule pour pouvoir rigoler de ces situations gênantes. De même pour les applications de rencontres, terrain de prédilection de ces étalons, sont décrites comme poussant à la consommation. La quantité prévaut sur la qualité quitte à réduire ces dates au simple acte physique d’amour, vidé de toute parole... BAISE-EN-VILLE lui permet aussi d’aborder le thème des banlieues en s’éloignant des clichés dramatiques pour une image plus poétique tout en conservant l’ennui propre à ces villes dortoir. 

Comédie légère et intelligente, portée par un casting impeccable, BAISE-EN-VILLE n’attend plus que vous pour vous entraîner dans l’univers aussi fleur bleue qu’absurde de Martin Jauvat.

 

Retrouvez le réalisateur Martin Jauvat évoque dans ce portrait de la Fondation sa vision de la banlieue, son casting trois étoiles ou encore les clichés dont il voulait se débarrasser avec cette histoire :